jeudi 27 septembre 2012

Treizième jour à Montréal


Mercredi. Dernier jour à Montréal pour Fanny, nous partons tôt le matin pour profiter de la journée. Depuis son arrivée lundi, on peut dire que l'on a beaucoup marché, et très bien (beaucoup trop) mangé ! (bon et beaucoup dépensé case shopping oblige oups). Elle comme moi sommes tombées en amour de cette ville dès le premier regard. Au fil de nos discussions l'on s'imagine en colocation dans quelques années dans une de ces maisons à escaliers, face à un parc d'écureuils.... il y a peu de villes où je me suis sentie aussi bien sur une telle durée. Comme le sentiment d'avoir trouvé son chez soi. Pas de jugements dans la rue, les gens engagent facilement la conversation et personne ne marche la tête baissée sur son smartphone, peu de gens fument, les bruits de klaxons sont quasi inexistants, les coins de verdure affluent, les musiciens hantent les longues avenues... j'aime me perdre dans le ventre de cette ville et je pense ne jamais en être rassasiée.

On flâne au marché Jean Talon et goûtons nos premières canneberges pures accompagnées du rire moqueur de la maraîchère (les canneberges sont trop acides pour croquer dedans comme dans un fruit rouge, elles se mixent à d'autres fruits dans des jus, agrémentent des tartes etc...). Puis on s'en va bruncher rue Sainte Catherine chez Grain de Folie, restaurant recommandé par le guide du routard de Fanny. On bave devant la carte : des fruits dans tous leurs états, de la brioche à la cannelle maison, du bacon, des smoothies.... on opte pour " la boulangerie " : salade de fruits frais, brioche aux raisins, oeuf et bacon. Je redécouvre les plaisirs de mon enfance avec la brioche façon pain perdu. On se dit que l'on peut mourir après ce brunch. Je le recommande très fortement aux amateurs de sucré-salé, aux gourmands tout simplement !




Je profite de cette pause gourmande pour montrer à Fanny l'étendue de la rue Saint-Denis. Avec la rue Sainte-Catherine, elle est l'artère la plus fréquentée par les montréalais qui aiment magasiner, bruncher, sortir. Des avenues tellement longues qu'elles traversent de nombreuses stations de métro. Le temps est mitigé mais peu importe, Fanny décide de jouer à son tour les guides en nous emmenant au Village près du quartier latin. C'est à peu de chose près le seul quartier que je n'ai pas encore eu le temps de parcourir depuis mon arrivée. En sortant de la station Berry Uqam, au lieu de prendre direction la cinémathèque du quartier latin, il faut se rendre de l'autre côté. Cette année Le Village fête ses 30 ans. C'est un quartier emblématique de la culture gay, un quartier très communautaire avec des drapeaux et citations qui ornent les rues. Pas de tabous, les vitrines des magasins et autres " restaurants à expériences " affichent clairement leurs intentions. On s'arrête quelques instants devant une installation du studio Paprika qui reprend le manifeste du Village rédigé par Guy Corriveau : "Au Village, nous croyons que les différences doivent enrichir plutôt que diviser ". De retour au quartier latin, nous faisons une pause gourmande (oui ENCORE et alors ? c'est les vacances tout de même !). Je fais goûter le meilleur brownie de tout l'univers à Fanny (qui confirme !) chez Juliette & Chocolat. On teste également leur spécialité, le bar à chocolat chaud. Orgasmique.
On finit nos 3 jours si intenses sur cette note chocolatée. J'accompagne Fanny à la gare de Longueuil où son co-voitureur l'y attend direction l'université de Sherbrooke. Un aurevoir sur le quai de la gare qui sonne comme la fin d'une colonie de vacances : triste mais sans regrets. On se reverra très vite et nous continuerons à correspondre par lettres. Le bout du monde n'existe pas quand on fait ce genre de rencontre.



Un jeu d'échec taille humaine installé sur une place du quartier latin




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