Aujourd'hui samedi, il pleut sur Montréal. Depuis que je suis arrivée, ce n'est que le deuxième jour où la pluie s'abat toute la journée sans interruption, mais ce ne sont pas les caprices du ciel qui nous empêcheront à Lucile et à moi de nous rencontrer. Notre première rencontre est plutôt atypique. Elle remonte au début de l'été en juin dernier. Lors d'un de mes reportages valdoisien dominical, je me retrouve parmi des membres d'une association pontoisienne qui organise son dernier atelier d'écriture de la saison sur une péniche à La Frette. J'embarque avec toute la petite troupe dont la maman de Lucile qui propose de me raccompagner jusqu'à ma voiture, restée au quai d'embarcation.... Lucile est dans la voiture et nous sympatisons, parlons études, petits boulots et voyages. C'est alors que j'apprends qu'elle part pour 4 mois étudier à Québec dans le cadre de ses études à Sciences Po Lyon. On échange nos coordonnées. Pourquoi pas travailler ensemble là-bas et faire plus ample connaissance...
Après plusieurs échanges de mails, Lucile m'apprend qu'elle vient pour 3 jours à Montréal. Nous nous donnons rendez-vous à la World Press Photo 2012 marché Bonsecours, entre la Place Jacques Cartier et le Vieux-port, où elle m'y attend avec son amie Pauline installée à Montréal pour ses études également.
Une foule de parapluies fait la queue devant la salle de la commune. 55ème édition de ce plus grand concours mondial de photojournalisme, ce sont 124 pays représentés, 5 247 photographes pour 57 gagnants et 161 photos exposées. Des Printemps arabes à la tuerie d'Oslo en passant par la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'année 2011 est retracée visuellement de clichés légendés par les histoires qui les accompagnent. Les photos sont aussi troublantes que percutantes. Elles rappèlent le risque du métier de photo reporter et les lois du terrain. Les photos exposées transmettent une palette d'émotions tellement vaste, du malaise à la rage en passant par le dégoût et l'humanité, la tendresse et la dénonciation... mais sans jamais laisser indifférent.
Du Prix Nature Reportages aux Prix Sports Reportages, Arts et Spectacles Reportages, Vie quotidienne Reportages ou encore Prix Nature Reportages, les photos des gagnants sont réparties au sous-sol de la salle, tandis qu'à l'étage sont exposées les 12 photos-essais et les 6 projets-multimédia de la 4ème édition de l'Anthropographia, qui met entre autre en exergue les rebondissements du Printemps érable.
Jusqu'au 30 septembre au marché Bonsecours de Montréal, 8$ pour les étudiants, 12$ en tarif régulier.
On se rend ensuite au restaurant Les Jardins de Nelson (ma troisième visite en 3 semaines ce lieu c'est l'fun !) succomber aux douceurs de la carte sucré. Puis on part flâner dans le quartier chinois, toujours sous la pluie.
Lucile est venue de Québec en co-voiturage. Pour 20$ selon les destinations, un automobiliste vous emmène d'un point A à un point B à des horaires prédéfinies en amont sur un site internet spécialisé. Une forme d'auto stop encadré, très pratiquée au Canada car moins onéreuse que les autocars (rappelez-vous que j'ai déboursé 150$ pour un aller-retour Montréal-Québec-Tadoussac.. !!!).
Bref, le conducteur de Lucile, Pierre-Louis, lui avait proposé la veille de venir fêter ses 33 ans le lendemain chez lui à Montréal. Nous voilà donc partie chez Jean-Louis pour une soirée 100% québecoise avec pour thème... Jésus Christ !
On parle politique et nouveau gouvernement, chocs des cultures et littérature et rencontrons même des frandcais... décidémen. Puis l'on fait la rencontre de Texx, facteur à Montréal et passionné de photos. C'est alors que je reçois mon premier vrai cours de photo à partir de son goût pour l'abstraction, le flou, l'évasion. Il n'aime pas son job " alimentaire ", vit les écouteurs accrochés aux oreilles et l'on échange sur Gainsbourg, Brassens, la liberté et le plaisir. Un personnage mi-bûcheron mi-poète arrivé un peu comme nous par hasard dans cette soirée biblique ! On apprend le joyeux anniversaire québecois et savourons le gâteau sacré à l'effigie du Christ parmi ces trentenaires. Un bon bain de culture et de belles rencontres merci Pierre-Louis.. que Dieu te bénisse !
dimanche 23 septembre 2012
vendredi 21 septembre 2012
Huitième jour à Montréal
Après m'être pris pour Manet, me voilà dans la peau du photographe Robert Doisneau. Je vous l'avait bien dit, la culture c'est comme la confiture... vous connaissez la suite. Si Doisneau a pris son premier cliché des Halles de Paris en 1933 jusqu'à leur destruction dans les années 60 (actuel Rungis) pour capturer les manches retroussées des maraîchers, les mains plongées dans les caissons de légumes, les fruits en rangs d'oignons, les réveils matinaux et la foule qui grouille, je me suis quant à moi rendue au marché le plus typique et et traditionnel de Montréal : le marché Jean Talon. Situé à deux stations du studio, il aurait été dommage de le manquer. Un marché cosmopolite niché dans le quartier de la Petite Italie. Des produits locaux de petits producteurs autour desquels gravitent une pâtisserie polonaise, une crêperie à la bretonne, un restaurant central nommé le Ryad qui propose des spécialitées marocaines.. le mélange des cultures et des nourritures confitures. On peut s'asseoir sur cette esplanade maraîchère, pour partager ce lien qui nous lie tous, celui du plaisir des papilles (et des pupilles). On peut également se prélasser dans une librairie gourmande.
Ouvert en continu tous les jours du matin jusqu'au soir (fermeture à 20h certains soirs !) il m'a fait pensé au marché du Vieux-port de Québec avec ces artisans de fruits et de légumes, ces étales fraîches et savoureuses et tous ces mets que les maraîchers n'hésitent pas à nous faire goûter. Le marché est couvert de toiles mais ouvert sur l'extérieur des rues adjacentes. En amatrice de produits frais, la petite française (surnom donné par une maraîchère... ah mon non-accent me trahira toujours !) que je suis a vite remplie son panier devant tant de provocation gustative ! A savoir que les prix sont plus avantageux que dans les supermarchés et qu'on peut remplir largement son panier avec une vingtaine de dollars à peine !!! Par exemple : 2 barquettes de fruits au choix fraîchement cueillis du matin même (framboises, fraises, bleuets...) pour 5$... beaucoup de barquettes et de petites quantités bien pratiques.
Petit tour du propriétaire.
Ouvert en continu tous les jours du matin jusqu'au soir (fermeture à 20h certains soirs !) il m'a fait pensé au marché du Vieux-port de Québec avec ces artisans de fruits et de légumes, ces étales fraîches et savoureuses et tous ces mets que les maraîchers n'hésitent pas à nous faire goûter. Le marché est couvert de toiles mais ouvert sur l'extérieur des rues adjacentes. En amatrice de produits frais, la petite française (surnom donné par une maraîchère... ah mon non-accent me trahira toujours !) que je suis a vite remplie son panier devant tant de provocation gustative ! A savoir que les prix sont plus avantageux que dans les supermarchés et qu'on peut remplir largement son panier avec une vingtaine de dollars à peine !!! Par exemple : 2 barquettes de fruits au choix fraîchement cueillis du matin même (framboises, fraises, bleuets...) pour 5$... beaucoup de barquettes et de petites quantités bien pratiques.
Petit tour du propriétaire.
Septième jour à Montréal
Bien que je n'ai pas encore fait le quart de cette vaste île qu'est Montréal, ma curiosité et mon côté aventurière me pousse toujours vers l'inconnu. Comme un besoin de grands espaces, de vide, de terres en friche, d'air tout simplement.
Je décide donc de rejoindre la région des Laurentides. Pourquoi cette région ? Et bien le guide vert du Québec offert par mon rédacteur en chef lors de la fin de mon stage en aoùt dernier me signalait parmi la multitudes de notes enfouies à l'intérieur, de parcourir " la plus belle région des régions ". J'avais déjà également entendue parlé vaguement des Laurentides lors d'un cours de littérature québecoise durant ma troisième année de Lettres Modernes lorsque l'on avait étudié à l'époque le poète Gaston Miron, originaire de la ville de Saint-Agathe-des-monts. Poéte qui au passage m'a réconciliée avec la poésie. Vraiment, prenez une paire d'heures et lisez son recueil " L'homme rapaillé " où il y mêle la déchirure et la force de l'amour, à la complexité de l'identité québecoise prise en grippe par les Etats-Unis. Et puis l'autre jour, l'agent qui se trouvait à la gare de trains Bonnaventure - baptisé dorénavant Mr Bonaventure ! - nous avait ouvert la carte de Montréal comme il nous aurait ouvert son coeur. Je n'ai rarement été aussi bien renseignée sur une ville et ses alentours. L'homme en question connaissait bien la France et nous a sorti comme par magie de son chapeau une photo de lui et de Vincent Cassel. " Vous le connaissez lui ? " Mr Bonaventure n'était pas seulement agent de transports, il avait vu du pays et travaillé sur le tournage de Mesrine. Rien que ça. Comme quoi les voix ne sont jamais tracées, les destins peuvent êtres si riches et les rencontres dans une gare si garante d'émotions. (Aparté la SNCF ne me manque pas fermée).
Tout ça pour vous dire que pour de multiples raisons du coeur, je me suis rendue dans la ville de Saint-Sauveur, entre Saint-Jérôme et Sainte-Adèle, à 60km de Montréal. Direction la gare d'autocars de Berry Uqam qui m'est devenue plus que familière ! Un aller-retour Montréal - Saint Sauveur qui m'a coûtée par la grâce du dieu créateur de la carte d'étudiant 29,9$ au lieu de 49,9$ ! C'est parti pour 1h45 de bus.
Saint-Sauveur c'est un peu le massif Vosgien canadien. En fait au départ c'est une station de ski très prisée à la Courchevel : le Mont Saint-Sauveur. Les pistes de ski sont recouvertes d'herbes et n'attendent plus que les skieurs et la neige pour retrouver leur manteau blanc. Comme nos stations de ski françaises, le luxe est omniprésent et les boutiques taillées sur le volet. Le bus nous dépose au centre des " Factories ", petits châlets colorés de boutiques de luxe où j'apprendrais bien plus tard que la plupart des voyageurs de Montréal ayant fait une halte à Saint-Sauveur avait pris leur journée pour magaziner (faire du shopping). Disons que c'est un peu comme les magasins d'usine de Troie, le Pas de la Case canadien. Rien de bien intéressant et trop superficiel à mon goût.
Moi ce que je cherche c'est les sentiers, les plaines, les couleurs de l'été indien. Des paysages qui depuis le début de mon séjour s'impriment dans mon coeur et ma tête, me font grandir et poser des questions, m'attirent et me fascinent, me murmurent à l'oreille qu'il ne peut y avoir meilleure compagnie. Et bien je ne suis pas décue du voyage. Au-delà de son écrin bourgeois pour des américains en mal d'espaces vides, le village appelé " la vallée aux mille lumières " est une vallée nichée au coeur de plaines rocheuses.
Il faut savoir que Saint-Sauveur est seulement la porte d'entrée de cette partie de la région des Laurentides " habitée et touristique " fermée par Saint-Anne-du-lac à 266 km de Montréal. Car la région des Laurentides est beaucoup plus vaste et s'étend au nord-ouest du Mont-Tremblant (prochaine aventure !). Les Hautes-Laurentides sont quant à elles plus boisées que peuplées.
Je me suis prise quelques heures pour une photographe impressioniste, en espérant que ces clichés vous fassent ressentir la même palette d'émotions que moi.
Je décide donc de rejoindre la région des Laurentides. Pourquoi cette région ? Et bien le guide vert du Québec offert par mon rédacteur en chef lors de la fin de mon stage en aoùt dernier me signalait parmi la multitudes de notes enfouies à l'intérieur, de parcourir " la plus belle région des régions ". J'avais déjà également entendue parlé vaguement des Laurentides lors d'un cours de littérature québecoise durant ma troisième année de Lettres Modernes lorsque l'on avait étudié à l'époque le poète Gaston Miron, originaire de la ville de Saint-Agathe-des-monts. Poéte qui au passage m'a réconciliée avec la poésie. Vraiment, prenez une paire d'heures et lisez son recueil " L'homme rapaillé " où il y mêle la déchirure et la force de l'amour, à la complexité de l'identité québecoise prise en grippe par les Etats-Unis. Et puis l'autre jour, l'agent qui se trouvait à la gare de trains Bonnaventure - baptisé dorénavant Mr Bonaventure ! - nous avait ouvert la carte de Montréal comme il nous aurait ouvert son coeur. Je n'ai rarement été aussi bien renseignée sur une ville et ses alentours. L'homme en question connaissait bien la France et nous a sorti comme par magie de son chapeau une photo de lui et de Vincent Cassel. " Vous le connaissez lui ? " Mr Bonaventure n'était pas seulement agent de transports, il avait vu du pays et travaillé sur le tournage de Mesrine. Rien que ça. Comme quoi les voix ne sont jamais tracées, les destins peuvent êtres si riches et les rencontres dans une gare si garante d'émotions. (Aparté la SNCF ne me manque pas fermée).
Tout ça pour vous dire que pour de multiples raisons du coeur, je me suis rendue dans la ville de Saint-Sauveur, entre Saint-Jérôme et Sainte-Adèle, à 60km de Montréal. Direction la gare d'autocars de Berry Uqam qui m'est devenue plus que familière ! Un aller-retour Montréal - Saint Sauveur qui m'a coûtée par la grâce du dieu créateur de la carte d'étudiant 29,9$ au lieu de 49,9$ ! C'est parti pour 1h45 de bus.
Saint-Sauveur c'est un peu le massif Vosgien canadien. En fait au départ c'est une station de ski très prisée à la Courchevel : le Mont Saint-Sauveur. Les pistes de ski sont recouvertes d'herbes et n'attendent plus que les skieurs et la neige pour retrouver leur manteau blanc. Comme nos stations de ski françaises, le luxe est omniprésent et les boutiques taillées sur le volet. Le bus nous dépose au centre des " Factories ", petits châlets colorés de boutiques de luxe où j'apprendrais bien plus tard que la plupart des voyageurs de Montréal ayant fait une halte à Saint-Sauveur avait pris leur journée pour magaziner (faire du shopping). Disons que c'est un peu comme les magasins d'usine de Troie, le Pas de la Case canadien. Rien de bien intéressant et trop superficiel à mon goût.
Moi ce que je cherche c'est les sentiers, les plaines, les couleurs de l'été indien. Des paysages qui depuis le début de mon séjour s'impriment dans mon coeur et ma tête, me font grandir et poser des questions, m'attirent et me fascinent, me murmurent à l'oreille qu'il ne peut y avoir meilleure compagnie. Et bien je ne suis pas décue du voyage. Au-delà de son écrin bourgeois pour des américains en mal d'espaces vides, le village appelé " la vallée aux mille lumières " est une vallée nichée au coeur de plaines rocheuses.
Il faut savoir que Saint-Sauveur est seulement la porte d'entrée de cette partie de la région des Laurentides " habitée et touristique " fermée par Saint-Anne-du-lac à 266 km de Montréal. Car la région des Laurentides est beaucoup plus vaste et s'étend au nord-ouest du Mont-Tremblant (prochaine aventure !). Les Hautes-Laurentides sont quant à elles plus boisées que peuplées.
Je me suis prise quelques heures pour une photographe impressioniste, en espérant que ces clichés vous fassent ressentir la même palette d'émotions que moi.
mercredi 19 septembre 2012
Sixième jour à Montréal
Alors que je vous parle chiffons, la première ministre femme du Québec, Pauline Marois, fraîchement nommée par les québecois le 4 septembre dernier, a composé son gouvernement de 23 ministres dont 8 femmes et exigé le retrait de la hausse des frais de scolarité qui avait déclenché le printemps érable ces derniers mois.
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| La cathédrale de la place Ville-Marie... je ne pouvais pas passer à côté de cette dédicace ! |
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| La cathédrale anglicane Saint George's |
Puis direction le musée d'art contemporain de Montréal. Gratuit pour tous les mercredis de 17h à 21h, de quoi se cultiver en toute gratuité (ce qui après une pause shopping ne pouvait pas plus mal tomber!)
Implanté Place des Arts, le MACM s'inscrit dans cette place consacré à l'art dans toute sa pluridisciplinarité. Lorsque l'on arrive du métro, les couloirs nous emmènent directement à cette place sous-terraine où l'on y trouve le théâtre Maisonneuve, le théâtre Jean-Duceppe, l'Orchestre symphonique, la cinquième salle, la salle Wilfried Pelletier, le Studio Théâtre et le MACM. Ce musée d'art contemporain est loin d'égaler nos musées parisiens, disons qu'il s'apparente d'avantage à une grande galerie d'art qu'à une collection d'oeuvre-d'art. Par chance je tombe sur une guide française très agréable qui nous aiguille sur l'exposition temporaire portant sur l'abstraction ( et pour ce type d'art assez fécond et trop implicite pour mes yeux ce n'était pas du luxe ! ).
dimanche 16 septembre 2012
Quelques drôleries québecoises .....
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| Petite pastille rouge photographiée au Jardin Botanique de Montréal...et un bon résumé du quotidien canadien |
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| Oh une station de métro parisienne ! Non c'est juste le métro du Square Victoria à Montréal... loin d'être dépaysant ! |
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| Non ceci n'est pas un tee-shirt à l'effigie d'un |
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| Un écriteau à l'entrée de l'auberge de jeunesse Maéva de Québec. Auberge qui n'avait pas de réseau wi-fi mais un écran plat avec une PS3... Déconnexion garantie ? |
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| Une publicité pour la compagnie de transports canadienne STM. |
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| Les plaques d'immatriculation québecoise. Les voitures n'en possèdent qu'une à l'arrière. |
samedi 15 septembre 2012
Cinquième jour à Montréal
Avec ses 2,14 km2 de verdure, c'est un peu le Central Park canadien. C'est le bus n°11 qui nous y emmène de la gare Mont-Royal.
Terrain de course des joggeurs, les montréalais sillonnent les sentiers aménagés, quand ils ne slalonnent pas entre les inombrables écureuils présents sur le site. Au cas où vous ne l'auriez pas encore remarqué, je suis tombée en amour de ces petits rongeurs si indépendants (aparté 30 millions d'amis refermée). Du coup je deviens plus tout à fait la même quand ils s'approchent de moi. Sûrement parce qu' à Paris les seuls animaux qui m'approchent sont des pigeons. Et les seuls qui me fassent changer de trottoir (quoique parfois je préfère leur compagnie à celle de certains humains c'est dire).
Bref, la vue de la ville de Montréal via le belvédère du Châlet Mont-Royal est juste vertigineuse. Comme l'impression de se retrouver devant une maquette d'architecte, faite d'immeubles et de buildings entremêlés de verdure, le tout ruissellant le long du fleuve Saint-Laurent. Les Etats-Unis ne sont pas loin. A en juger le quartier de la rue Pill, lorsque l'on redescend du parc : un centre-ville à la new yorkaise qui se conjugue en dollars canadien. Boutiques de luxe et fast-food inondent le paysage.
Si humainement Montréal n'a rien à voir avec Paris, en revanche elle se rapproche de sa cousine dans la diversité de ses manifestations. Du festival des films du monde de Montréal au prochain festival de musique PopMontréal, en passant par le festival Armées de culture, Les Journées de la culture etc... il y a toujours une animation que ce soit dans le vieux-Montréal ou le quartier latin. C'est ainsi que nous sommes tombés par hasard sur la démonstration des voiliers de Montréal sur le vieux-port. Cinq voiliers en provenance des Etats-Unis ont accosté pendant 3 jours sur le port. De quoi attirer les passants, qui se sont pris au jeu des animations qui ont gravité autour de ces voiliers : concerts de pirates, matelots sur échasses, visites des voiliers, feu d'artifices....
Quatrième jour à Montréal
Mise à part le prix élevé de l'alimentation (et le système de retraite !) nous n'avions pas trouvé de défaut majeur à ce pays et à ses habitants. Jusqu'à ce que nous nous décidions à entrer dans une salle obscure canadienne. En tant que cinéphiles, impossible pour nous de nous passer de cinéma, et ce voyage outre-atlantique était ainsi l'occasion de comparer nos habitudes de spectateurs.
Et quelle déception quand nous entrons dans le Cinéplex du quartier latin (qui a vu fermer sa Cinérobothèque le 1er septembre dernier..). La ville de Montréal comporte très peu de cinémas et principalement des multiplexes où se jouent des blockbusters en VERSION FRANCAISE SEULEMENT. Actuellement (ici on dit " présentement à l'affiche ") à l'affiche du Cinéplex par exemple : l'ascension du chevalier noir (le dernier Batman), Les Infidèles, Des Hommes sans loi, Jason Bourne ou encore Rome mon amour ( To Rome with Love). Au début de notre séjour, nous avions fréquenté le cinéma en Imax du Centre des Sciences de Montréal situé sur le vieux-port et nous avions apprécié la séance pour son expérience visuelle et la qualité du documentaire projeté.
Cette fois-ci, nous entrons dans un multiplexe appartenant à un gros circuit de l'exploitation canadienne : Cinéplex. L'équivalent des groupes Pathé ou UGC en France. Des bornes d'achats, des guichettiers, un escalator qui nous mène à l'étage où se situent les salles et le pôle confiserie. Et même un espace jeux vidéos. Un vulgaire ticket de caisse fait office de billet de cinéma, et des magazines appartenant au groupe sont mis à disposition, avec peu de critiques et principalement de la publicités. Rare sont les productions hande made.
En guise de prélude au film, de la publicité locale et des bandes-annonces "handmade" qui ne correspondent même pas au format de l'écran ! Bref.... le Canada a tout à apprendre du côté du septième art, et ne peut qu'envier la richesse et la diversité des salles obscures françaises. Heureusement que les festivals sont nombreux dans la Belle Province : festival des films du monde de Montréal, Le M60, Festival des films black de Montréal...Mais la relation des canadiens au cinéma semble a priori moins ancrée historiquement qu'en France.
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